Neues Wiener Tagblatt - Arrêt du jeu vidéo "The Crew": Ubisoft assigné en justice par une association de consommateurs

Arrêt du jeu vidéo "The Crew": Ubisoft assigné en justice par une association de consommateurs
Arrêt du jeu vidéo "The Crew": Ubisoft assigné en justice par une association de consommateurs / Photo: Robyn Beck - AFP/Archives

Arrêt du jeu vidéo "The Crew": Ubisoft assigné en justice par une association de consommateurs

L'association de défense des consommateurs UFC Que-Choisir a annoncé mardi assigner en justice le géant français des jeux vidéo Ubisoft après l'arrêt du jeu de course "The Crew", dénonçant des pratiques commerciales "trompeuses" et des "clauses abusives".

Taille du texte:

Dans un communiqué, UFC-Que Choisir estime que la décision d'Ubisoft de couper l'accès au titre il y a deux ans en désactivant ses serveurs en ligne prive les consommateurs "de tout usage d’un jeu qu’ils avaient pourtant acheté, sans jamais avoir été informés d’une quelconque +date de péremption+".

L'association de consommateurs, qui a déposé son assignation au tribunal de Créteil, juge également "inacceptable qu’Ubisoft considère, dans ses conditions générales, que les joueurs n’acquièrent qu’une simple +licence d’utilisation+ du jeu qui serait alors révocable à tout moment par l’éditeur".

Cette action s'inscrit dans le cadre d'un mouvement plus large au sein des joueurs et est portée par une initiative citoyenne européenne, dénommée "Arrêtez de détruire les jeux vidéo", qui a rassemblé plus d'un million de signatures l'an dernier.

Le collectif de joueurs à l'origine de cette pétition dénonce cette pratique qui voit certains éditeurs désactiver les serveurs en ligne d'un jeu après un certain nombre d'années, ce qui le rend inaccessible à ses utilisateurs et donc inutilisable.

Si cette pratique n'est pas nouvelle dans l'industrie vidéoludique, l'arrêt du jeu de course automobile "The Crew", sorti en 2014 et qui comptait près de 12 millions de joueurs deux ans après sa sortie, représente "un cas d'école particulièrement clair juridiquement", a souligné auprès de l'AFP Brune Blanc-Durand, juriste à UFC-Que Choisir.

Bien que jouable en ligne, le jeu, qui a connu plusieurs suites depuis, disposait d'une partie "solo" que les joueurs pouvaient parcourir sans avoir besoin d'être connectés, rendue inaccessible.

Interrogé sur le sujet par un actionnaire lors de l'Assemblée générale d'Ubisoft en juillet, le PDG Yves Guillemot s'était défendu en expliquant que le maintien en ligne des serveurs d'un jeu représentait un support "très important" et "des services assez lourds (...) pour s'assurer que le jeu fonctionne en permanence".

"Vous fournissez un service et ce service n'est pas éternel. Il y a une durée d'exploitation", avait-il ajouté, assurant qu'Ubisoft mettait dans ses termes d'usage "le fait qu'à un certain moment, on ne pourra pas continuer à supporter le jeu".

"C'est une problématique sur laquelle on travaille, mais qui n'est pas propre à Ubisoft".

D.Steiner--NWT