La canicule s'étend, plus d'un Français sur deux concerné
La canicule s'étend vendredi en France avec désormais plus d'un habitant sur deux concerné par la vigilance orange dans 53 départements, une situation qui impose des précautions dans les entreprises et les écoles et a conduit plusieurs municipalités à annuler la Fête de la musique dimanche.
L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit Météo-France. L'organisme prévoit dans son bulletin de 06H00 que la vigilance sera maintenue samedi et "très probablement encore étendue dans les prochains jours".
Près de 36 millions de Français - soit plus d'un sur deux - sont concernés par cette "vigilance orange", selon des estimations de population de l'Insee croisées avec la liste des 53 départements concernés - le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est.
Parmi eux, quelque 9,7 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus, dont 3,8 millions de 75 ans ou plus, pourraient constituer des publics vulnérables.
Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre", anticipe l'organisme.
Le président Emmanuel Macron a appelé à une "grande vigilance" et à "prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables" car "ce sont des jours difficiles".
En milieu professionnel, "les entreprises doivent prendre des mesures" pour protéger leurs salariés exposés, a rappelé sur RMC le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
- Adapter les horaires -
"La première des règles, qui est une obligation d'ailleurs, est d'adapter les horaires de travail à ces chaleurs intenses, donc travailler davantage plus tôt et quand il fait plus frais", a-t-il insisté lors d'un déplacement sur un chantier de voirie à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui a avancé ses horaires à 7H00 du matin.
Dans l'éducation, les établissements scolaires s'organisent, avec des cours annulés, des emplois du temps réaménagés ou des regroupements dans les salles les plus fraîches. Dans l'académie de Poitiers, les épreuves de "grand oral" du bac, prévues l'après-midi de lundi et mardi, ont été reportées d'une semaine.
Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours: "C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, mère d'une fillette de CP.
A Sens (Yonne), des écoles fermeront dès vendredi midi. A Strasbourg, la municipalité écarte cette option mais va "demander au rectorat s'il peut autoriser les parents qui le souhaitent à ne pas emmener leurs enfants à l'école".
Le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui se rend vendredi dans une école en Eure-et-Loir, devrait donner des précisions sur le nombre d'élèves concernés par les reports d'oraux et les éventuelles fermetures de classes.
La chaleur met également en péril la traditionnelle Fête de la musique, prévue dimanche. Les animations ont été annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), ainsi que dans plusieurs petites villes en Seine-et-Marne, Gironde, Sarthe ou Charente-Maritime.
- Pas de retour en arrière -
A Paris et dans la petite couronne, la préfecture de police a recommandé l'annulation des événements sportifs en plein air. Pour lutter contre la pollution, des mesures sont par ailleurs mises en place à compter de vendredi, dont la circulation différenciée dans une partie de l'agglomération parisienne ainsi que la réduction de la vitesse maximale autorisée.
Même pour les animaux sauvages, une vague de chaleur "c'est brutal", et les possibilités d'adaptation des espèces ou des écosystèmes "sont moindres que sur un changement graduel", a expliqué à l'AFP Grégoire Loïs, ornithologue au Muséum national d'histoire naturelle, à Paris.
C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines à toucher la France, déjà frappée en mai par des températures inédites pour le mois.
Et cela n'a rien de surprenant, a observé sur BFMTV/RMC l'ingénieur et consultant Jean-Marc Jancovici, membre du Haut Conseil pour le Climat.
"Tout se passe comme prévu, malheureusement", a déploré M. Jancovici. Même si les émissions de gaz à effet de serre baissaient, il n'y aurait pas de retour en arrière en matière de réchauffement climatique, a-t-il mis en garde: "ça n'arrivera pas de votre vivant, ni du vivant de vos enfants, ni du vivant de vos petits-enfants. Donc, il va falloir apprendre à vivre avec un climat qui aura changé de toute façon".
S.Karner--NWT