Avec sa nouvelle Spring, Dacia veut se relancer face à l'offensive chinoise
Dacia, marque économique du groupe Renault pionnière de la voiture électrique abordable en France avec la Spring en 2021, compte sur la nouvelle version de cette mini-citadine pour redresser la tête face à l'offensive commerciale chinoise.
"Pour Dacia, l'enjeu de l'arrivée de la nouvelle Spring, c'est de reconquérir des parts de marché" après avoir cédé du terrain en France et en Europe, a déclaré à l'AFP Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem.
Commercialisée à partir de mardi en France et en Suisse, la nouvelle Spring, conçue en Chine et fabriquée en Slovénie, coûte moins de 18.000 euros dans sa finition la plus abordable, sans compter les aides à l'achat auxquelles elle peut désormais prétendre grâce à son origine européenne.
"Factuellement on a le prix le plus bas pour les voitures électriques du segment A (citadines, NDLR)", a déclaré à la presse Frank Marotte, directeur des ventes et opérations Dacia, lors de la présentation de ce nouveau modèle.
A 19.400 euros sans les aides, le tarif de la seconde finition est comparable aux prix de base de la nouvelle Twingo électrique de Renault ou de la Citroën ë-C3 de Stellantis, juste en deçà de 20.000 euros.
- Le retour des citadines -
Pour faire face aux marques chinoises qui ont explosé en Europe ces derniers mois sans que les taxes européennes n'enrayent leur progression, les constructeurs européens s'attachent à proposer des prix sous cette barre symbolique.
Cet objectif a favorisé le retour en grâce des petites voitures bon marché, jusqu'ici délaissées faute de marges suffisantes. Ces petites citadines représentent aujourd'hui "une poche de croissance" dans un marché automobile morose, observe Flavien Neuvy.
"Ces lancements arrivent au bon moment, non seulement pour Dacia mais aussi pour la demi-douzaine de modèles attendus dans les prochains mois", note-t-il.
D'autant plus que la hausse des prix à la pompe liée au conflit en Iran "a vraiment accéléré l'électrification des ventes", ajoute-t-il.
Au premier semestre, les ventes de voitures électriques neuves dans l'Union européenne ont bondi de 40,5% par rapport à la même période un an plus tôt, tirant l'ensemble du marché (+5,7%). Une voiture neuve sur cinq vendue est désormais électrique (20,7% de parts de marché).
Dans le même temps, les ventes de Dacia ont chuté de 8,8%, faisant passer sa part de marché à 4,5% (contre 5,2% sur les six premiers mois de 2025).
Pour Frank Marotte, le groupe n'a pas pleinement profité de l'accélération de l'électrification faute d'une offre suffisante et en raison de la forte progression des marques chinoises, qui a "un peu grignoté sur tout le monde".
Mais l'important pour Dacia est de "venir dans le bon timing pour avoir la bonne offre", a-t-il poursuivi.
- Développement accéléré -
"On a la conviction de continuer à répondre à notre promesse de marque de +best value for money+ (meilleur rapport qualité-prix, NDLR) pour nos clients", avec un niveau de technologie adapté à leurs besoins, un coût d'usage stable et une valeur à moyen terme préservée, a souligné M. Marotte.
Pour tirer les coûts à la baisse, Renault et Dacia ont raccourci les temps de développement. La Twingo E-Tech a été développée en Chine en deux ans et la nouvelle Spring, conçue sur la même plateforme, est née en 16 mois, contre trois à quatre ans habituellement.
Fabriquée en Slovénie, la nouvelle Spring possède un moteur chinois, fourni par Shanghai E-Drive. A ce stade, la batterie, fournie par le leader mondial CATL, vient également de Chine mais "CATL est en train de construire une usine en Hongrie qui devrait être opérationnelle début 2027", a déclaré à la presse Katrin Adt, directrice générale de Dacia.
La Spring est le premier modèle de la "feuille de route d'électrification de Dacia qui consiste à mettre quatre véhicules électriques sur le marché jusqu'à 2030", a-t-elle souligné.
P.Lehner--NWT