Le Danemark vote lors de législatives serrées mais Mette Frederiksen donnée favorite
Les Danois votent mardi dans des élections législatives indécises, à l'issue desquelles la Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen pourrait être reconduite à son poste, grâce à son opposition à Donald Trump sur le Groenland.
"La future constellation gouvernementale est très incertaine mais il est probable qu'à la fin, elle soit à la tête du gouvernement", explique à l'AFP Elisabet Svane, analyste politique du quotidien Politiken.
"Les alternatives (à Mette Frederiksen) sont pires", estime auprès de l'AFP Freja Strandlod, une étudiante de 24 ans, juste après avoir voté à l'hôtel de ville de Copenhague sous un ciel gris.
"Elle est une figure qui rassemble dans un monde plein d'insécurité, et les Danois sont anxieux, il y a le Groenland, l'Ukraine, les drones" qui ont survolé le pays scandinave, ajoute Mme Svane.
En outre, "il est compliqué d'imaginer un gouvernement de droite, parce qu'il devrait rassembler très largement de l'extrême droite aux partis plus centristes, qui ne sont pas en très bons termes avec l'extrême droite", dit Ole Waever, professeur de sciences politiques à l'Université de Copenhague.
Les derniers sondages créditent le bloc de gauche d'une avance sur celui de droite mais ni l'un ni l'autre ne rassembleraient de majorité sur les 179 sièges du Folketing, le Parlement danois.
Les députés des "Modérés" du ministre des Affaires étrangères sortant Lars Løkke Rasmussen pourraient jouer un rôle de "faiseur de roi".
"Je ne suis pas candidat au poste de Premier ministre, mais j'ai dit que j'aimerais beaucoup prendre l'initiative pour tenter de jeter les bases de ce à quoi pourrait ressembler un gouvernement", a ainsi dit Lokke Rasmussen lors de son vote, cité par l'agence de presse Ritzau.
- Groenland -
A Nuuk, les bureaux de votes ont a peine ouverts qu'une centaine de personnes font la queue devant les cabines.
"Je pense que cette élection donnera en quelque sorte la direction pour la suite", estime le député au parlement local Juno Berthelsen, tête de liste du parti autonomiste Naleraq, favorable à une rupture rapide avec Copenhague, dont certains membres ont rencontré l'administration Trump.
"Nous ne nous préoccupons pas de Trump. Nous regardons au-delà", affirme M. Berthelsen, dénonçant ceux qui "agitent les peurs".
Pour la ministre de la Justice, des ressources minérales et des Affaires économiques Naaja Nathanielsen, candidate du parti de gauche IA, la crainte des Etats-Unis s'est imposée au cœur de la campagne.
"Les Etats-Unis ont fait preuve d'une telle agressivité qu'on observera un intérêt accru pour tenter réellement de faire entendre le récit groenlandais au sein du Parlement danois."
- Elevage porcin -
Dans ce pays prospère de 6 millions d'habitants, la campagne a surtout tourné autour de questions domestiques comme le coût de la vie, l'État providence et l'environnement.
"Le gouvernement n'a pas garanti l'accès à l'eau potable au Danemark. Il n'a pas veillé à ce que les fonds soient consacrés à la protection sociale plutôt qu'à des allègements fiscaux", a dit à l'AFP Pia Olsen Dyhr, cheffe de file du Parti populaire socialiste, après son vote.
"Les partis de gauche ont réussi à faire de l'eau potable une question majeure du scrutin", relève l'analyste Elisabet Svane. L'eau potable est trop riche en nitrates au Danemark en raison des rejets de l'élevage.
Le modèle de l'agriculture intensive danoise, particulièrement l'élevage porcin, a été au centre de la campagne.
Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d'immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière avec 18 nouvelles propositions.
Trois formations populistes se disputent les voix des électeurs et rassemblent quelque 19% des intentions de vote.
"Je veux un nouveau départ pour le Danemark, et cela passe par un parti du Peuple danois fort", a déclaré à l'AFP le chef de ce parti, Morten Messerschmidt, après avoir voté à Copenhague.
Au Danemark continental, les bureaux de vote ferment à 20H00 (19H00 GMT), heure à laquelle des premiers sondages de sortie des urnes doivent être publiés.
P.Lehner--NWT