Neues Wiener Tagblatt - Isabelle Adjani rejugée pour fraude fiscale: de 18 à 24 mois de prison avec sursis requis en appel

Isabelle Adjani rejugée pour fraude fiscale: de 18 à 24 mois de prison avec sursis requis en appel

Isabelle Adjani rejugée pour fraude fiscale: de 18 à 24 mois de prison avec sursis requis en appel

Le parquet général a requis jeudi à Paris contre Isabelle Adjani une peine de 18 à 24 mois de prison et 250.000 euros d'amende, avec exécution provisoire, pour fraude fiscale aggravée et blanchiment devant la cour d'appel de Paris.

Taille du texte:

La décision sera rendue le 1er juillet.

Absente de son premier procès en 2023, "Madame Adjani a pu assister aux débats et répondre aux questions de la cour" mais "sans modifier l'analyse juridique des faits", a estimé l'avocat général Laurent Couderc, qui a demandé la "confirmation totale du jugement de première instance".

"Je me demande s'il n'y a pas une forme d'animosité personnelle à mon endroit", a lancé Isabelle Adjani, lors de ses derniers mots, à l'adresse de Laurent Couderc, qui était procureur sur son dossier en première instance.

La veille, la star s'était défendue d'être une "voleuse", se décrivant comme la "proie" de "prédateurs", "victime d'escroqueries successives".

"Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (...). J'ai la phobie des papiers", avait expliqué l'actrice, la voix serrée, à la barre.

 

"Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme", avait-elle déclaré, rejetant la faute sur ses conseillers fiscaux.

Mais également sur ceux qui l'ont, selon elle, abusée: l'un des gérants de sa société Isia Films et son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle accuse "d'avoir euthanasié sa mère".

"J'ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j'ai cru qu'il était victime d'une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida (une fausse rumeur lui attribuait la maladie, NDLR)."

- "d'une dette à une autre" -

"Vous aviez pourtant un conseiller fiscal ?", s'est interrogé l'avocat général. "Je n'ai pas été capable de jauger sa virtuosité en la matière", avait-elle répondu.

Domiciliée à Carcavelos au Portugal, l'actrice avait expliqué avoir "toutes ses affaires" là-bas, mais "ne pas être ancrée", ni "confinée à résidence" - une domiciliation "fictive" selon l'avocat général.

"Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal", a fait valoir de son côté Me Ralph Boussier, l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

"Toute (sa) vie fiscale est un habillage permanent, on saute d'une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou 2 millions d'euros", a-t-il ajouté.

Au sujet des 2 millions d'euros versés par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d'affaires et ami de l'actrice, celle-ci avait également démenti avoir cherché à masquer une "donation déguisée" - selon les termes de l'avocat général - pour échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation.

L'actrice a déjà remboursé 1,3 million d'euros.

"Je savais que j'avais du temps pour le rembourser, il m'a fait un avenant, il m'a libérée de l'obsession de le rembourser car il n'avait pas besoin que ce soit rapide."

L'un des avocats d'Isabelle Adjani, Me David Lepidi, a plaidé la relaxe, dénonçant "le manque d'empathie" du ministère public, une qualité dont l'actrice s'est plusieurs fois réclamée mercredi à la barre.

R.Hager--NWT