Neues Wiener Tagblatt - Le président birman en Thaïlande pour remettre son pays sur la scène diplomatique

Le président birman en Thaïlande pour remettre son pays sur la scène diplomatique
Le président birman en Thaïlande pour remettre son pays sur la scène diplomatique / Photo: ANTHONY WALLACE - AFP/Archives

Le président birman en Thaïlande pour remettre son pays sur la scène diplomatique

L'ancien chef de la junte birmane Min Aung Hlaing, devenu président via des élections contestées, débute jeudi une visite officielle en Thaïlande, un allié de choix dans sa quête de réhabilitation diplomatique.

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Le général "MAH" a renversé en 2021 par un coup d'Etat le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi, déclenchant une guerre civile toujours en cours, qui a fait plus de 100.000 morts tous camps confondus.

Il a accédé à la présidence en avril, à l'issue d'un scrutin restreint dénoncé à l'étranger comme une manœuvre pour donner au pouvoir militaire un déguisement civil. Il cherche depuis à relancer les relations diplomatiques de son pays.

La Birmanie a été largement marginalisée par la communauté internationale après le coup d'Etat. L'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui compte 11 membres, a notamment exclu ses dirigeants des sommets régionaux.

Réintégrer l'Asean ouvrirait la porte à "une normalisation des relations avec d'autres pays, y compris les pays occidentaux restés opposés au régime militaire", estime l'analyste Morgan Michaels, spécialiste de la Birmanie.

- Cyberarnaques -

Min Aung Hlaing s'est déjà rendu en Inde, en Chine et au Laos ces derniers mois. Son déplacement à Bangkok marque une étape importante de son offensive diplomatique tant le voisin a de bonnes raisons de vouloir rétablir les liens.

Les combats entre l'armée et une multitude de factions rebelles débordent parfois le long de la frontière avec la Thaïlande, qui accueille des millions de réfugiés birmans.

La guerre civile a par ailleurs plongé la Birmanie dans une instabilité propice à la présence dans les zones frontalières poreuses de trafiquants de drogues et de réseaux clandestins d'arnaques en ligne, installés dans d'immenses complexes fortifiés.

Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a déclaré lundi que les autorités birmanes pouvaient faire "beaucoup plus" pour lutter contre les cyberarnaques, et que la question serait abordée lors de la visite de Min Aung Hlaing.

- "Légitimité factice" -

Le dirigeant birman doit être accueilli jeudi par une garde d'honneur au siège du gouvernement thaïlandais à Bangkok, avant un entretien en tête-à-tête avec le Premier ministre Anutin Charnvirakul.

Des organisations de défense des droits humains estiment que Bangkok ne devrait pas dérouler le tapis rouge à Min Aung Hlaing, sanctionné par plusieurs pays occidentaux et recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

"Min Aung Hlaing doit être tenu responsable de ses crimes, et non se voir accorder une légitimité factice", a souligné Justice For Myanmar, dénonçant la "complicité" du gouvernement thaïlandais.

La détention d'Aung San Suu Kyi reste pour plusieurs pays un point de blocage essentiel dans le rétablissement des relations diplomatiques avec la Birmanie.

La présidence birmane a diffusé lundi des photos d'une rencontre entre la prix Nobel de la paix, assignée à résidence dans un lieu tenu secret, et le représentant de la Croix-Rouge dans le pays.

Mais les défenseurs de l'ancienne dirigeante, qui attendaient depuis longtemps des signes de vie, réclament sa libération immédiate, jugeant que les accusations retenues contre elles ont été montées de toutes pièces par l'armée.

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