Mondial-2026: Haaland et la Norvège punissent la Côte d'Ivoire sur le tard
L'inévitable Erling Haaland a surgi en fin de match pour éliminer la Côte d'Ivoire (2-1) et offrir à la Norvège une première victoire dans un match à élimination directe en Coupe du monde, mardi en 16e de finale.
Isolé en pointe, rarement trouvé et souvent peu menaçant, le Lucky Luke viking a tiré une dernière cartouche victorieuse à la 86e minute à un moment où la défense ivoirienne s'est désintéressée de lui. Erreur fatale.
Patrick Berg, milieu de Bodo-Glimt, a aspiré toute l'arrière-garde au maillot orange avant de centrer vers la superstar de Manchester City, laquelle a trouvé la cible dans un tir qui ressemblait à un contrôle manqué. Son cinquième but en trois matches au Mondial.
"Aujourd'hui, il n'a pas été beaucoup impliqué dans le match (...) mais voilà, il a encore marqué le but de la victoire", a résumé son sélectionneur, Stale Solbakken. "C'est le meilleur buteur du monde, cela ne fait aucun doute" et "je ne l'échangerais pour rien au monde".
En huitièmes de finale, Haaland défiera le Brésil de Gabriel, défenseur d'Arsenal avec qui il livre toujours des combats de haute volée en Premier League.
La Côte d'Ivoire rentre elle à la maison avec des regrets dans les valises, elle qui a proposé une belle adversité, a eu de multiples opportunités de marquer et dont les joueurs ont fini au sol, au coup de sifflet final, inconsolables.
Ils ont eu une ultime chance sur un coup franc d'Amad Diallo dans le temps additionnel, mais le gardien Orjan Nyland a réalisé une magnifique parade pour détourner le danger et sauver les siens (90e+7).
"Quand on regarde le scénario du match d'aujourd'hui, c'est difficile de dire que c'est une Coupe du monde réussie, parce qu'on se dit qu'on pouvait faire encore plus. Mais si on regarde l'ensemble du tournoi, le bilan est positif. On a atteint le deuxième tour, ce que la Côte d'Ivoire n'avait jamais réussi auparavant", a résumé le capitaine Franck Kessié.
- Haaland transparent puis décisif -
Le spectacle, l'intensité et l'enthousiasme sont montés crescendo dans un stade d'Arlington climatisé, au toit fermé, sous lequel s'étaient massés quelques milliers de Norvégiens, une poignée d'Ivoiriens (les visas ont été refusés aux supporters de ce pays d'Afrique de l'Ouest) et une majorité de locaux portant des maillots des Etats-Unis, de l'Argentine ou du Mexique.
Les yeux étaient tournés vers Haaland mais le N.9 a longtemps été invisible, sauf sur deux têtes peu appuyées (3e, 37e) et une reprise plus menaçante, bien coupée par Ibrahim Sangaré (42e).
La qualité de la défense ivoirienne, compacte et solidaire, explique en partie ce sevrage forcé, point de départ fréquent de contre-attaques rapides sur les côtés, avec Nicolas Pépé et Yan Diomandé.
Le jeune ailier du RB Leipzig, pisté par le Paris SG, s'est montré remuant mais il n'a pas eu de grosses occasions pour s'illustrer.
Et c'est son coéquipier en club, Antonio Nusa, qui lui a volé la vedette avec une belle frappe enroulée placée hors de portée de Yahia Fofana (39e, 1-0).
Les Eléphants ivoiriens ont ensuite pratiqué un pressing plus haut et plus intense dans leur quête d'égalisation. Mais Nyland a bien bloqué l'espace sur un tir de Pépé à la suite d'une autre frappe, contrée, du latéral strasbourgeois Guéla Doué, le frère de Désiré Doué.
Les attaquants ont aussi joué aux défenseurs de luxe: Haaland est venu dégager en force un ballon chaud, tandis qu'Amad Diallo a réalisé un sauvetage merveilleux, devant sa ligne de but (66e).
L'ailier de Manchester United, entré en seconde période, a renfilé sa cape de super-héros moins de dix minutes plus tard avec un slalom superbe dans la surface adverse, fait de crochets et d'un relais avec Pépé, avant de décrocher un tir puissant entre deux adversaires (74e, 1-1).
Mais Nyland l'a privé du doublé à la toute fin et mis fin à l'aventure des Africains, novices dans une phase à élimination directe en Coupe du monde.
La Norvège avait déjà disputé un tel sommet, une fois, en huitième de finale du Mondial-1998, mais l'Italie l'avait éliminée. Ils ont fêté cette première face à leur kop de supporters, avec le désormais traditionnel "viking row".
C.Berger--NWT