Tennis: Arthur Fils sacré à Cincinnati avant l'US Open
Arthur Fils est arrivé à Cincinnati avec de l'ambition et repart avec une couronne bien méritée: le Français a dominé dimanche l'Américain Frances Tiafoe 6-3, 1-6, 6-0 pour s'offrir le plus beau titre de sa jeune carrière, un Masters 1000, à une semaine de l'US Open.
Du haut de ses 22 ans, c'est un droitier impressionnant de maîtrise et d'intensité qui s'est imposé outre-Atlantique, devenant le cinquième joueur français de l'histoire à décrocher un Masters 1000, et le premier depuis Jo-Wilfried Tsonga, en 2014.
"Wahou, ça fait du bien, vraiment du bien (...), ça a quand même été une folle semaine!", a lancé d'un grand sourire le tricolore, après sa victoire.
"Gagner un titre comme celui-ci signifie beaucoup pour moi" après "beaucoup de sacrifices", a ajouté le Français, qui montre qu'une fois ses pépins physiques écartés - sa hanche l'a tenu loin des courts une bonne partie de l'année 2025 - il a le jeu et la solidité pour rêver grand.
Et ça tombe à pic: l'US Open commence dans moins d'une semaine et Cincinnati en était le dernier tremplin.
Fils débarquera à New York avec un beau trophée dans les bras et un nouveau statut: il bondit au classement mondial de la 21e à la 11e place pour venir toquer d'un naturel désarmant aux portes du Top 10.
- La niaque -
Direction la "grosse pomme", où il pourrait bien faire son trou, dans un tableau où n'apparaît pas le numéro un mondial, Jannik Sinner, forfait à cause de son genou droit et où Carlos Alcaraz (2e) revient après plus de quatre mois loin des courts.
Sa forme est en tout cas étincelante et son tennis aussi. Il a bluffé Cincinnati par son mental et sa puissance, où il s'est offert en deux petits sets certains des tout meilleurs, comme l'Australien De Minaur (8e) ou l'Italien Cobolli (10e).
Jusque dans une finale où il a fini par saouler de ses coups l'Américain Frances Tiafoe.
Le tricolore est entré sur le court avec la niaque: il mettait d'entrée de la lourdeur et menait rapidement 3-0 pour ne jamais lâcher son avance. Porté par un grand service (65% de premières balles), il bouclait le premier acte en patron, de trois aces autoritaires.
Mais Tiafoe a renversé la vapeur. D'un coup, c'est lui qui dictait l'échange face à un Fils d'une autre constance, asphyxié par l'Américain. Le Français faisait plus de fautes directes (9) après trois jeux dans le deuxième set que dans l'ensemble du premier (7).
"J'ai très bien commencé le premier set", analysait le Français après la rencontre. Mais "dans le deuxième set, j'ai un peu perdu ma concentration, il m'a mis sous pression."
Puis Fils s'est "regardé dans le miroir" d'après ses mots et a remis les pendules à l'heure.
Dans la manche décisive, Tiafoe venait de se faire manipuler à la hanche et n'arrivait pas à enchaîner, quand Fils reprenait du poil de la bête. La troisième balle de match fût la bonne: un 6-0 cinglant pour battre le double demi-finaliste de l'US Open mérite bien un grand sourire.
W.Schwarz--NWT